Portugal : géographie physique

Portugal
Portugal

Largement ouvert sur l'Atlantique, le Portugal occupe l'extrémité sud-ouest de l'Europe et a l'Espagne pour seul voisin. Son climat devient plus chaud et plus sec du nord au sud, et ses reliefs prolongent ceux de la meseta espagnole. Le socle ancien est modelé en plateaux qui descendent en gradins vers l'Atlantique. Les altitudes les plus élevées se rencontrent dans le Nord : près de 2 000 m dans les serras de Lousa et da Estrela. Le pays n'a que le cours inférieur de ses trois grands fleuves : Douro, Tage et Guadiana.

1. Le relief

Dans un ensemble rectangulaire de 560 km sur 220 km (au maximum) et ayant 1 215 km de frontière commune avec l'Espagne, le Portugal présente une série de transitions du nord vers le sud, tant dans le relief que dans le climat, de part et d'autre de la coupure du Tage (Tejo). Le Nord, limité par le cours du Minho qui fait office de frontière avec la Galice, est à la fois élevé et bien arrosé ; le Sud, d'allure plus quadrangulaire encore, de part et d'autre du cap Saint-Vincent, est plus bas, plus uniforme et plus aride. L'altitude dépasse assez souvent 1 000 m au nord du Tage (Trás-os-Montes, serra da Estrela, entre Douro et Tage, qui porte le point culminant du pays : 1 991 m), exceptionnellement au sud (1 025 m dans la serra de Mamede, 902 m seulement dans la serra de Monchique).

Le relief résume et prolonge jusqu'à l'Atlantique les caractéristiques du socle ancien de la Meseta. Plateaux prédominants et tectonique cassante donnent une succession de gradins, limités par des abrupts, et des reliefs marqués bordés de côtes massives et peu découpées. Au sud du Tage, des plateaux moins élevés se situent dans la continuité des surfaces d'érosion de la Meseta méridionale, aux accidents moins nets. Dans le détail, les matériaux du socle font alterner granites, schistes et quartzites : les premiers forment des crêtes (Trás-os-Montes), les seconds de longues croupes peu résistantes et les derniers, des horsts limités par des failles. Le Minho, dans le socle cristallin, est plus nuancé. Le Douro présente une vallée encaissée, dont les pentes schisteuses portent le vignoble de Porto.

Dans le Centre-Nord, les serras de Lousã et da Estrela, de 2 000 m d'altitude environ, marquent, par leur escarpement, la limite de la Meseta à l'ouest, dominant un avant-pays calcaire, le fossé du Mondego, la plaine triangulaire de la Beira avec la lagune d'Aveiro (sorte de paysage « landais », de dunes de sable et de pinèdes autour d'un bassin intérieur). L'Estrémadure, par ses collines et ses petits massifs secondaires ondulés et faillés, assure une transition entre les paysages du nord et du sud. Le Ribatejo correspond aux rives du fleuve, et, au-delà du Tage, c'est l'Alentejo, jusqu'à l'Algarve, méridional, monde de plateaux calcaires, de plaines et de lagunes.

2. Le climat

Les températures moyennes et la pluviométrie annuelles soulignent aussi ce passage progressif vers un « Sud », du climat océanique au climat méditerranéen ; les températures augmentent alors que diminuent les précipitations jusqu'à l'aridité, bien loin de l'Espagne verte galicienne et du « Norte » humide ; l'intérieur accuse la continentalité, qu'inaugurent les hivers bien marqués du Trás-os-Montes. Les températures et les précipitations moyennes annuelles sont de 14 °C et 1 160 mm à Porto, 16 °C et 600 mm à Lisbonne, 17,3 °C et moins de 400 mm à Faro.

3. La végétation

La même dualité se retrouve dans le couvert végétal, lorsque l'exploitation pastorale en a laissé quelques traces. Dans le nord-ouest humide se répartissent le chêne-liège sur sol siliceux, et, sur sol calcaire, le chêne de Lusitanie, qui se situe entre le chêne méditerranéen à feuilles persistantes et le chêne hygrophile à feuilles caduques. Dans le sud, les formes de dégradation donnent une garrigue à kermès et un maquis de cistes. Les reboisements portent sur le pin et l'eucalyptus, plus précisément dans la zone littorale.

4. L'hydrographie

Les grands fleuves, nés en Espagne (Douro, Tage, Guadiana), n'offrent qu'un trajet réduit dans le pays. Les fleuves « portugais », Mondego et Sado notamment, sont courts et souvent fantasques ; pour les plus importants, des crues dépassant les 20 m ont été enregistrées dans les parties les plus encaissées. De nombreux barrages ont contribué à les régulariser, avec de grandes retenues.

Pour en savoir plus, voir les articles population du Portugal et activités économiques du Portugal.